AL est au collège G. Brassens ! Nouvel article

Le collège G. Brassens accueille l'artiste AL ! 

Dans le cadre du projet « Toi l’exilé, écoute ma voix, elle est pour toi » financé par la DILCRAH, les élèves de la classe de 5A accompagnés de leur professeur de lettres Mme Dumény, d’arts plastiques Mme Sivade,  des professeurs documentalistes mesdames Cazes et André-Acquier, ont travaillé sur le thème de l’exil. 

Après une mise en poèmes  de leur réflexion humaniste au profit de la bibliothèque sonore, le projet pédagogique se prolonge du mercredi 03 au vendredi 06 avril par un travail collaboratif avec  l’artiste plasticien AL rencontré au cours d’une visite culturelle à Montpellier. AL réalisera une fresque murale inspérée des photographies réalisées par les élèves de 5A sur le thème de l'Exil et ses réflexions sur notre monde.   

Le projet financé et soutenu par la DILCRAH a reçu du conseil départemental de l'Aude un appui technique et financier pour sa réalisation. 

Pour aller à la rencontre de l'artiste AL : c'est ici

 

Jour 1 : l'esquisse


Jour 2 : les choses se précisent



Visite de Mme Rivel vice présidente du conseil  départemental de l'Aude en charge de l'éducation et de M. Nacenta directeur de l'éducation. Les élèves de 5ième A ont présenté à Mme Rivel et à M. Nacenta la génèse de leur projet, l'écriture et la mise en voix des poèmes sur la thématique de l'exil, la rencontre avec AL au Carré Sainte Anne puis leur cheminement photographique avant la réalisation de la fresque. Al a présenté son parcours d'artiste et son engagement auprès des migrants en évoquant son projet artistique "Vagabondages". 

 

Jour 3 : A Javed !

Al s'est mis au travail ce matin avec empressement : il fallait absolument donner corps et vie à ces enfants qui devaient prendre place au bas de la fresque. Les élèves, curieux, sont venus voir l'oeuvre à plusieurs reprises, surveillant de très près son avancement. Ainsi, l'un d'eux a fait remarquer à Al qu'il avait oublié de dessiner le grain de beauté de Javed ! 
Rendez-vous lundi matin pour voir l'oeuvre achevée et signée. Nous vous dévoilerons le titre de l'oeuvre et nous vous raconterons l'histoire de Javed, originaire d'Afghanistan.

L'histoire de la vie de JAVED

"My full name is Javed Khan. My family is from Afghanistan but was forced to emmigrate to Pakistan in the 1970's because of the Russian army. I was born there in 1994. My parents and my uncle lived together and had a good business. But my uncle was kidnapped and the kidnappers asked for all my family's money and killed my uncle anyway. The Pakistani government did not help us because we were Afghan refugees and they did not care about us.
We had nothing left and the kidnappers began threatening my father so my parents went back to Afghanistan. I joined them later when I finished school. As I couldn't continue my studies there, I started learning the local language to integrate the society. 
I started teaching English in the villages and towns. I also taught a message of peace and women's rights such as education and freedom. As some families were afraid to let their daughters go out because of the Talibans, I went to their houses to teach them.
But in 2015, one of my girl students proposed me because she was in love with me. As it is forbidden for a woman to do such thing, I pretended I was already engaged but I feared that someone would discover what she had done and would punish her.
A few days later, her brothers came to my family's shop looking for me. My brother said he did't know where I was and they left but we received a letter saying I was guilty because I did things forbidden by Islam such as meeting unknown girls and teach them Christian Religion (in fact English). They wanted me to be juged in a Taliban court.
My father then told me to flee. He gave me a bag with food, medicine and some money and I left during the night without saying goodbye to my friends and family because I had to keep it secret.
I started my journey facing fear, death, thirst and hunger. I finally made it to Turkey, where I got a job in a restaurant in Istanbul. The manager told me I could work there until I saved enough money to continue my journey.
Then I went to Serbia and there I tried to cross the border but the man I trusted to help me deceived me and took all my money before disapearing. I was very upset but I didn't give up. I worked as a translator for an organisation helping the refugees in Belgrade. They promised they would help me getting out of Serbia but in the end they refused.
I've been stuck there for two years now and I can't find a way to leave. 
I've always lived as a refugee and I wish I will someday become a citizen of a country and be recognised as a human being. I don't know what will be my future but I hope I will make it."
 
A très bientôt pour la traduction en français qui sera réalisée par les élèves de 5A et leur professeur d'Anglais, Nathalie Spitz !

"Mon nom est Javed Khan. Ma famille est originaire d’Afghanistan mais a été contrainte d’émigrer au Pakistan dans les années 70 à cause de l’armée russe.

Je suis né au Pakistan en1994. Mes parents et mon oncle vivaient ensemble et avaient une entreprise qui marchait bien. Mais mon oncle a été enlevé et les kidnappeurs ont réclamé de l’argent à ma famille. Malgré cela, ils ont tué mon oncle. Le gouvernement pakistanais ne nous a pas aidés car nous étions des réfugiés Afghans. Ils se désintéressaient de nous.

Nous n’avions plus rien et les kidnappeurs commencèrent à menacer mon père. Alors mes parents retournèrent en Afghanistan. Je les ai rejoints plus tard à la fin de l’école. Comme je ne pouvais pas poursuivre mes études là-bas, j’ai commencé à apprendre la langue locale pour m’insérer dans la société.

J’ai commencé à enseigner l’Anglais dans les villages et les villes. J’ai aussi fait passer un message de paix et j’ai milité pour les droits de la femme tant dans le domaine de l’éducation que celui de la liberté. Comme certaines familles avaient peur de laisser leurs filles sortir à cause des Talibans, j’allais à leur domicile pour enseigner.

Mais en 2015, une de mes étudiantes me demanda en mariage parce qu’elle était amoureuse de moi. Comme il est interdit pour une femme de faire cela, j’ai prétendu que j’étais déjà engagé mais je craignais que cette histoire soit découverte et qu’on veuille punir mon élève.

Quelques jours plus tard, ses frères vinrent me chercher à la boutique de ma famille. Mon frère dit qu’il ne savait pas où j’étais et ils partirent. Nous reçûmes une lettre qui disait que j’étais coupable parce que j’avais fait des choses interdites par l’Islam comme rencontrer des jeunes filles inconnues et leur apprendre la religion chrétienne(en fait l’Anglais). Ils voulaient que je sois jugé par une Cour Talibane.

Mon père me dit alors de fuir. Il me donna un sac avec de la nourriture, des médicaments et de l’argent. Je partis pendant la nuit sans dire au revoir à mes amis et à ma famille car je voulais que mon départ reste secret. Je commençai mon voyage en affrontant la peur, la mort, la soif et la faim.

J’arrivai finalement en Turquie où je trouvai un emploi dans un restaurant d’Istambul. Le patron me dit que je pouvais travailler là jusqu’à ce que j’aie suffisamment économisé pour continuer mon voyage.

Ensuite je me rendis en Serbie et j’essayai de traverser la frontière mais l’homme en qui j’avais toute confiance et qui devait m’aider, me trompa et prit tout mon argent avant de disparaître. J’étais vraiment bouleversé mais je n’ai pas abandonné. J’ai travaillé comme traducteur pour une organisation qui aidait les réfugiés à Belgrade. Ils m’ont promis qu’ils m’aideraient à quitter la Serbie mais au final ils refusèrent.

Je suis bloqué là depuis deux ans et je n’ai pas pu trouver le moyen de m’enfuir.

J’ai toujours vécu comme un réfugié et j’espère qu’un jour je deviendrai citoyen d’un pays et que je serai reconnu comme un être humain. J’ignore ce que sera mon futur mais j’espère que je réussirai."

Dernières nouvelles de Javed :  Javed souhaitait de toutes ses forces rejoindre la Suisse, pays de liberté où il ne serait plus en danger. Un passeur lui a permis d'atteindre son but et de rejoindre des proches qui y sont déjà installés. Il est donc hors de danger.

Cliquer sur le lien https://photos.app.goo.gl/JMAOZyXxl4...(link is external)

Nouvel article : A tous les élèves, à tous les membres de la Communauté éducative du Collège georges Brassens

(texte rédigé par Juliette, Amandine, Antonin, Alexis, Ayoub, Laura, élèves de 5A)

Nous allons vous expliquer pourquoi une fresque a été peinte par sur le mur d’entrée du collège en avril 2018 l’artiste plasticien Al.

Cette peinture intitulée « A Javed, aux Exilés, aux Auvergnats » est l’aboutissement du projet « Toi l’exilé, écoute ma voix, elle est pour toi ! », mené par la classe de 5°A à propos des migrants.

Elle représente Javed, jeune réfugié afghan qui a dû fuir son pays à cause du régime taliban (organisation religieuse extrémiste islamiste). Il risquait d’y être condamné à mort par un tribunal taliban. Obligé de contacter des passeurs parfois malhonnêtes pour traverser les frontières, il est arrivé en Turquie, puis a gagné la Serbie où il est resté deux ans, l’Autriche et enfin la Suisse en mai 2018. Là, il peut espérer  être reconnu comme un être humain et devenir citoyen d’un pays libre.

Notre collège porte désormais sur ses murs les valeurs en lesquelles nous croyons : l’hospitalité et la liberté !


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